L’an dernier la popularité pour les poupées Labubu, issues de l’imaginaire de l’illustrateur hongkongais Kasing Lung, a atteint des sommets. Mais pour certains, Ce succès était pas redevable à quelque chose de bien plus sinistre que le capitalisme : le démon mésopotamien Pazuzu.
Si le nom vous dit quelque chose, il s’agit du démon central du classique de l’horreur The Exorcist. À l’été dernier, la rumeur a circulé sur les réseaux sociaux comme quoi les à la fois sinistres et mignonnes Labubu seraient en fait une version modernisée de Pazuzu. En placer une dans une chambre d’enfant l’exposerait donc au mal et pourrait mener vers la possession. C’est en fait similaire à la parodie de The Exorcist que les Simpsons ont fait il y a quelques années pour une de leur spéciaux d’Halloween, où Homer commande par mégarde une petite statuette de Pazuzu, la place dans la chambre de Maggie et vous pouvez imaginer la suite.
La panique s’est bien sûr enflammée et des poupées furent baptisées, brûlées et démembrées afin de chasse l’esprit du mal. Aucune preuve tangible n’a bien sûr permis de faire un réel lien entre Pazuzu et Labubu au-delà de leur nom similaire. Par contre, s’il s’agissait réellement d’une ruse de Pazuzu afin d’infilter les chambres des enfants, le résultat pourrait peut-être être moins catastrophique qu’on ne serait porté à le croire.
Démon du vent, Pazuzu était craint car il pouvait entraîner avec lui tempêtes, sécheresses et famines. Mais il était tout de même vénéré car, un peu comme un épouvantail, avoir une effigie de ses trait horrifiants pouvait aider à canaliser sa puissance et aider à chasser les autres esprits mauvais. Parmi ceux-ci, son ennemie jurée, la démone Lamashtu, était redoutée car elle pouvait être responsable de maladies infantiles et de fausses couches. Des fouilles archéologiques ont permis de retrouver dans des chambres d’enfant ou près de berceaux de petites statuettes de Pazuzu, dépassant rarement 15 centimètres. La petite taille est importante car elle permettait de ne canaliser qu’une petite partie de la puissance du démon et de s’en servir comme protection. Une plus grosse représentation pourrait attirer son attention directe et l’invoquer, comme la statue géante découverte au début de The Exorcist.
Donc bref, pas de danger pour les enfants d’avoir un Labubu dans sa chambre, mais j’éviterais ce genre de rassemblement quand même si j’étais vous.
Le premier article que j’ai publié ici racontait ma visite lors d’une séance de communication avec les
morts, où j’ai joint un cercle de sorcières pour
écrire des lettres aux défunts. Cette fois, c’est via une approche plus
technologique que la communication a tentée d’être établie, alors que j’ai
participé à une séance de spiritisme moderne au Vieux Palais de l’Assomption.
Depuis quelques dizaines d’année, le lieu a acquis la réputation d’être parmi
les plus hantés au Québec. On raconte qu’un déserteur ayant voulu fuir la
conscription lors de la Première Guerre Mondiale se serait réfugié au grenier pour
y finir mort de froid. Un ancien juge, un curé, des enfants morts de la
tuberculose hanteraient également les lieux. Voici un extrait de témoignage d’un
ancien agent culturel du Vieux Palais, Marc-Antoine Jussaume :
«J’ai vécu plusieurs choses
anormales ici. Des visiteurs se sont fait grafigner par le curé. On entend le
bruit de billes qui roulent sur le sol, des voix et des craquements. On est
témoin de portes et de fenêtres qui ouvrent et ferment subitement. On voit des
boules de lumière, aussi…Ma meilleure preuve à date, c'est survenu en 2010, en
plein jour, devant quatre témoins. Sans [qu'on le touche], un tiroir de cuisine
rempli a été éjecté de l'armoire où il se trouvait avant de se retrouver sur le
sol avec la poignée cassée »
L'extérieur du Vieux Palais de l'Assomption
Le Vieux Palais a donc depuis reçu
de nombreuses visites de la part des médias ainsi que des enquêteurs amateurs mais
aussi d’expérience, tel que démontré ci-dessous :
J’ai donc récemment eu la
chance de participer à l’une de ces soirées où il fut tenté une fois de plus d’entrer
en contact avec les entités hantant les lieux. Assis dans la salle de spectacle
avec une dizaine d’autres invités, j’ai d’abord eu droit à un bref historique
de l’endroit, racontée par un employé du Vieux Palais qui enquête également sur
le paranormal depuis plusieurs années et est passionné de l’histoire du lieu. Construit
entre 1811 et 1830, l’édifice a d’abord été le site de résidences privées, d’un
bureau de médecin, puis prend sa fonction de bureau d’enregistrement du compté
et de cour de justice de 1842 jusqu’en 1959 (pour la cour de justice) et 1979 (fermeture
du bureau d’enregistrement). À l’abandon pendant quelques années, il est
ensuite racheté en 1986 et transformé en gîte comprenant sept chambres et salle
de spectacle. L’ancienne salle d’audience est également préservée. Pour ce qui
est de l’origine possible des fantômes les choix sont nombreux :un ancien cimetière se trouve sur le site
adjacent, de nombreux enfants sont morts dans la demeure au 18e
siècle, le cabinet du médecin Jean-Baptiste Lebourdais aurait possiblement été
le théâtre d’expérimentations louches puis la découverte d’ossements à proximité
et leur déplacement aurait peut-être également troublé le repos des anciens
résidents.
Salle d'audience
Après cette mise en contexte,
ce fut le moment de la présentation de l’équipement que nous allions utiliser
dans la soirée. Détecteurs de champs magnétiques, détecteurs de
mouvements, etc. Certains dans la salle avaient également amenés leur propre
équipement. Mais ce qui a retenu le plus mon attention, et ce que nous allions
utiliser principalement pendant la soirée, fut des applications téléphoniques
permettant de nous faire entendre les messages des spectres. L’application
Necrophonic permettrait de scanner les ondes radio et d’en tirer d’en éclaircir
des bribes de conversation provenant des morts en retirant le bruit blanc. Une
autre application similaire, Spirit Talker, utilise pour sa part une banque de
mots prédéfinie et indique sous forme de texte le message qu’elle perçoit. Le
tout en anglais seulement. J’ai personnellement un peu de difficulté à m’imaginer
un revenant du Bas-Canada choisir de se manifester en anglais via un champ d’onde
radio perçu par une application pouvant être installée sur nos cellulaires,
alors que mon père a encore du mal à biens saisir comment envoyer un texto. Être
un fantôme, je me demande s’il ne serait pas moins demandant « psychiquement »
de simplement se faire voir.
Le sous-sol
Munis de notre équipement la
soirée a ensuite consisté en la visite de trois lieux, la salle d’audience, le sous-sol,
ainsi que l’une des chambres où l’activité paranormale serait particulièrement
active. À chacun de ces endroits nous restions à l’affut d nos détecteurs et écoutions
les bruits produits par les applications, tout en tenant de déchiffrer si un
message cohérent tentait bel et bien de se former. On pourrait s’imaginer qu’une
soirée à écouter serait particulièrement silencieuse, mais c’était au contraire
particulièrement bruyant et chaotique. À peine certaines bribes sortaient des
machines que l’enquêteur principal de la soirée sentait le besoin de « traduire »,
de confirmer au groupe ce qu’ils venaient d’entendre. J’ai pourtant remarqué à
de nombreuses occasions que ce que j’entendais différait de ce que mes voisins
avaient perçus, qui était aussi différent de ces « traductions »,
mais il fallait s’en remettre à l’expertise de l’enquêteur, qui avait
semble-t-il développé une connexion avec l’autre-monde suite à ses années d’expériences…
Pourtant, ce que j’ai omis de
dire est qu’au tout début de la soirée, alors que nous nous installions dans la
salle, ce même enquêteur semblait tenter de traduire le message sorti d’un des
détecteurs de mouvements. Une voix d’enfant, en anglais, prononçait quelques
bribes de mots puis arrêtait, avant de reprendre un peu plus longtemps à chaque
fois. Le tout était très lugubre et mettait certainement dans l’ambiance de la
soirée. L’enquêteur semblait chercher avec ses collègues la signification de ce
message, qui me semblait de plus en plus familier. Lorsque j’ai réalisé qu’il s’agissait
de la comptine tirée de Nightmare on Elm Street, mon détecteur de
bullshit s’est vite illuminé.
Je ne veux pas mettre tous les
enquêteurs dans le même panier. Je ne doute pas de la passion, de la curiosité
et de la sincérité de la plupart. Passant moi-même mon temps à fouiller le
monde de l’étrange, je serais mal placé pour parler. Certaines de visiteuses
ont même ressenti une présence et vu une apparition sous forme de silhouette
blanche se manifester alors qu’elles étaient seules dans le placard de la chambre
particulièrement hantée. L’apparition ne s’est malheureusement pas répétée pour
une autre participante particulièrement sceptique, ni pour moi qui espérait tant.
Est-ce une coïncidence si les deux seules ayant vu l’apparition sont également celles
qui avaient amené leur propre équipement à la soirée? Souhaitaient-elles
tellement voir une apparition qu’elles l’ont elle-même manifestée ou bien
étaient-elles simplement plus réceptives et ouvertes à l’au-delà que le reste
du groupe?
Ma partie préférée de la soirée
fut à la toute fin. De retour dans la salle de spectacle, les équipements technos
furent mis de côté et à tour de rôle, plusieurs des invités se mirent à partager
leurs propres expériences paranormales, à raconter divers moments où la
présence de l’au-delà s’est fait ressentir dans leur quotidien. Ces expériences
n’ont peut-être pas été enregistrées, mais elles ont pourtant clairement laissé
une trace chez les ceux et celles les ayant vécus.
Globalement, même si je ne
reste pas convaincu de la validité des applications et de ceux qui perçoivent ce
qui échappent aux autres, l’activité fut divertissante. Ce n’est pas tous les
jours qu’on a la chance d’explorer la cave d’une maison hantée, équipé comme un
Ghostbuster. Mais pour moi, ça s’apparente un peu à observer les nuages afin d’y
identifier des formes. C’est un bon moyen de passer le temps et ça peu être
amusant en bonne compagnie, mais il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. De
toute façon il existe maintenant sûrement des applications pour ça aussi.
On dit parfois que l’amour véritable peut traverser les époques, qu’il est immuable et aussi solide que le roc. Cette vision devait être partagée par les Premières Nations puisque les légendes locales regorgent d’exemples d’individus s’aimant si fort, qu’une fois séparés de leur douce moitié n’avaient d’yeux que pour leur retour, au point d’en marquer le paysage pour les siècles à venir.
La municipalité de Grand-Mère est l’un des exemples les plus connus au Québec. Selon la légende, deux amoureux durent se séparer car le père de la jeune fille demanda à son prétendant de lui ramener un canot remplit de belles fourrures en l’échange de la main de son enfant. C’est donc au centre de la rivière St-Maurice qu’ils se quittèrent et la jeune fille s’y installa pour l’attendre, le visage constamment tourné vers le nord. Elle l’attendit toute sa vie, au point de devenir vieille femme et lorsque la mort s’approcha, on raconte qu’elle pria le Grand Esprit de laisser un signe à son amoureux. Un éclair aurait alors frappé le rocher, sculptant le visage de la femme dans le granite. Selon une autre version, la femme elle-même aurait été changée en rocher. La chute s’y trouvant deviendra alors connue comme « Kokomis », signifiant Grand-Mère en Anishnabemowin, et donnera nom à la municipalité qui s’y formera en 1898.
Plan de la reconstruction du rocher
Entre 1912 et 1914, la construction d’un barrage hydro-électrique demande la destruction du rocher mais conscients de son importance, la Shawinigan Water & Power et la compagnie de pâtes et papiers Laurentides joignent leurs efforts afin de déménager le rocher. L’ingénieur G.B. Watson propose de dynamiter le rocher, tout en numérotant chaque morceau, puis de le reconstruire pierre par pierre. Le résulat, complété en 1916 est encore visible aujourd’hui au Parc du Rocher entre la 5e et 6e avenue à Grand-Mère. G.B. Watson lui n’aura pas la chance de voir son projet se compléter. Il semble qu’il serait mort noyé, emporté par les eaux du St-Maurice. Aurait-il payé le prix pour avoir trafiqué avec la volonté du Grand-Esprit?
Photo du rocher à son emplacement d'origine en 1890
Un autre exemple similaire fut très célèbre plus au sud. À Franconia au New Hampshire, au flanc de ce qui s’appelait à l’époque Profile Mountain (aujourd’hui Cannon Mountain), se dressait autrefois le Old Man in the Mountain, c’est-à-dire le Viel Homme sur la Montagne. Selon un légende abénaquise, un grand chef respecté du nom de Nis Kizos tomba un jour amoureux de Tarlo, une iroquoise. Celle-ci dû retourner dans son village s’occuper de son peuple malade et Nis Kizos s’installa au sommet d’une montagne pour l’attendre. Mais elle tombera malade à son tour et meurt à son village. Lorsqu’on vint chercher le chef dans son nouveau domaine, il s’était volatilisé. Désormais, son profil ornait le flanc de la montagne et de là, il observait maintenant son territoire. Le visage de pierre marqua grandement la région, au point de devenir l’emblème de l’État. En 2003, un éboulement eu raison de l’attrait mais on raconte que cela signifie que Nis Kisos a enfin pu rejoindre sa bien aimée Tarlo.
Image composite qui montre ce qui était jadis
À proximité, une autre montagne a pris en quelque sorte le relais. Le Mont Pemigewasset est également orné d’un profil d’Amérindien, quoique moins spectaculaire. Selon la légende, Pemigewasset serait un ancien chef abénaquis du 17 ou 18e siècle qui s’installait sur la montagne pour espionner ses ennemis. Cet suite à un feu de forêt en 1901 que l’on réalisa que son empreinte sur la montagne fut si forte qu’elle prit la forme du visage de Pemigewasset.
De retour au Québec, à Saint-Georges de Malbaie en Gaspésie, une autre légende associée à un rocher à tête d’amérindien comprend les thèmes récurrents des amoureux séparés, mais avec quelques variantes. Suite au passage d’explorateurs sur la côte, un amérindien vit sa fiancée partir avec l’équipage pour l’Europe, enlevée dans certaines versions. Espérant son retour, il devint jaloux et développa une haine pour la mer qui lui avait volé son amour. Il est ajourd’hui immortalisé sous forme d’un rocher, tournant dos à la mer et fixant la falaise. Parfois, on dirait même qu’une larme coule sur sa joue.
Dans Lanaudière, en bordure de la rivière Ouareau, vivait autrefois Hiawhitha, fille du sachem du clan. Ayant quelque peu vécu chez les blancs, elle aurait été évangélisée par le jésuite Isaac Jogues, qui sera plus tard canonisé avec d’autres martyrs canadiens. Sa beauté avait beau faire tourner têtes mais elle avait déjà donné son cœur, au vrai Manitou dont on lui avait appris l’existence. Cependant, Nipissingue, le sorcier du clan qui était du nombre de ses prétendants, refusa de se faire rejeter de la sorte. Lors d’un soir de conseil, il déclara que le Grand Manitou demanda qu’il prenne femme et on lui accorda Hiawhitha. Dans le désespoir, elle se rappela que bien qu’elle fût dans l’obligation de se marier afin de respecter les traditions, elle pouvait néanmoins choisir son époux. Elle choisit donc Arondack, un homme bon et ennemi de Nipissingue. Furieux, ce dernier n’avait pas dit son dernier mot. Il envoya le clan en guerre, et c’est un Arondack mourant qui revint vers Hiawhitha. Alors qu’elle se rendit près du précipice Dorwin afin de cueillir des plantes médicinales, elle fut suivie par Nipissingue qui tenta de profiter d’elle dans les bois. En se débattant elle se trouva projetée dans le précipice mais lorsque Nipissingue se pencha pour voir son corps, un coup de tonnerre retentit et ce fut comme si Hiawhitha fut transformée en une magnifique chute d’eau qui rappelait la jeune fille par sa vigueur et son chant, mais également par sa blancheur semblable à la robe qu’elle portait. Nipissingue quant à lui fut puni par le Manitou et transformé en Pierre, condamné à observer à jamais Hiawitha sans l’atteindre.
Que ce soit pour souligner la dévotion d’amoureux séparés, la détermination de chefs guettant les ennemis ou afin de punir des assassins, les manitous semblent bien aimer s’adonner à la sculpture dans leurs temps libres. Comme tout artiste, leurs œuvres vont parfois rester incomprises. Là où certains ne pourraient voir que des rochers ordinaires demandant un fort niveau d’interprétation, d’autre vont y déceler les traces d’une culture millénaire et d’un imaginaire toujours bien solide.
Fortement peuplée par une
population d’origine irlandaise à ses débuts, la municipalité de Rawdon a accueilli
une grande variété d’immigrants à la suite de la Première Guerre Mondiale. Russes,
Hongrois, Polonais, Ukrainiens, Tchécoslovaques et Allemand y ont fondé leur
communauté qui explique pourquoi la devise de la municipalité est maintenant :
« Forte de sa diversité ». Avec toutes ces cultures, de nombreux cultes
différents se sont côtoyés et il est aujourd’hui possible d’en apprendre plus
sur le sujet en parcourant le Circuit des églises.
Oleg Boldireff
Je souhaite m’attarder un peu sur
l’église Saint-Séraphim-de-Sarov, plus particulièrement son cimetière. En 1950 Oleg
Boldireff, le curé de la paroisse montréalaise des Saints-Pierre-et-Paul, créée
une petite chapelle en l’honneur d’un des saints orthodoxes les plus populaires après être tombé sous le charme de la région un an auparavant.
Croquis de la chapelle originale
Réalisant que la
communauté russe de la région avait besoin d’un endroit pour ses défunts, il établit
le cimetière en 1961, puisant son inspiration dans le cimetière russe deSainte-Geneviève-des-Bois en France. La chapelle sera ensuite déménagée pour être à proximité du cimetière,
à son emplacement actuel.
Intérieur de la chapelle
Dans ce qui est maintenant le
plus grand cimetière orthodoxe russe au Québec, et peut-être même en Amérique,
tout est bien ordonné. Les tombes sont placées en rangées parallèles, et l’espace
de chacune d’elles est délimité par un jardin rectangulaire au-dessus des
tombes. Cette omniprésence de la nature ainsi que les croix orthodoxes en bois
et de nombreuses pierres tombales ornées de photos ou gravures des défunts en
font l’un des plus beaux cimetière que j’ai visité jusqu’à maintenant.
Voici également certains des
monuments et tombes les plus célèbres de ce cimetière :
Tombe de Ludmilla Chiriaeff, fondatrice des Grands Ballets Canadiens
Monument à la mémoire des soldats russés morts lors des deux Guerres Mondiales
Fresque de saint Georges tuant le dragon, sur le même monument
Momument à la mémoire des victimes du régime communiste russe après la révolution de 1917
Momument rappelant la mort de 30 000 cosaques tués par les Britanniques alors qu'ils tentaient de s'évader pour éviter les goulags de l'Union Soviétique.
À défaut de vous payer un voyage en Russie en ce moment, profitez d'un passage dans la région pour vous receuillir un peu et admirer ces traces de la riche histoire multiethnique du Québec.
Le lieu semble tiré d’un conte
de fée; destination d’un héros qui doit atteindre ce lieu magique dans sa quête
pour y découvrir un trésor tant convoité. Et pourtant cet endroit est bien réel,
situé dans la réserve de Shale Creek, une section du Parc Chestnut Ridge dans l’ouest
de l’État de New-York. Une randonnée d’environ ¾ d’heure vous permettra d’atteindre
une petite chute d’environ 30 pieds de haut. Son débit d’eau est variable, elle
est surtout dépendante de la pluie et de la fonte des glaces donc le meilleur
moment pour l’apprécier est au début du printemps.
À sa base se trouve une
caverne au fond de laquelle une flamme d’environ 8 pouces de haut scintille,
protégée du vent et du débit de l’eau. Si par malheur la flamme est éteinte n’ayez
crainte, elle peut être rallumée donc pensez amener un briquet. N'est-ce pas nocif
d’allumer cette flamme? En fait non, ce peut au contraire être bénéfique. La
flamme convertit le méthane qui s’en échappe en dioxyde de carbone, qui est 20
fois moins nuisible à l’effet de serre que le méthane.
À l'hiver, l'eau glacée donne un effet tout autant spectaculaire
Quelques autres flammes
éternelles existent ailleurs dans le monde mais contrairement au processus habituel
pour ce genre de flammes, des chercheurs de l’Université d’Indiana l’ayant étudié ont découvert que son gaz produit 35% de plus d’éthane que la normale. Ils en
théorisent que la source du gaz proviendrait alors de de la zone de schiste de
Rhinestreet, située 400 mètres sous la surface. Le gaz naturel se produit par
la décomposition de dépôts de ce schiste datant de la période du Dévonien, qui
sous la pression de la croûte terrestre réussit à s’évader à la surface.
Il s’ensuit alors ce
merveilleux spectacle regroupant tout l’éventail des éléments : le feu, l’eau,
la terre et… le gaz. Formulé ainsi rompt peut-être le charme du conte de fée, mais
n’enlève rien aux merveilles naturelles en action devant soi.
Possibles excréments de coyotes trouvés dans un boisé près du Coin Camille-Laurin / Jules-Huot
Mais si on remonte dans le
temps, on découvre que des bêtes encore plus étranges ont déjà rôdées dans le
secteur. Voici un témoignage recueilli en 1956 de René Desrochers, résidant de
Pointe-aux-Trembles, tiré du livre Créatures Fantastiques du Québec de Bryan Perro et Alexandre Girard.
Il y est question d’un loup-garou… :
« … c’était un type qui était
pas supposé faire de Pâques, et puis un jour il l’a poursuivi sur la forme d’un
chien, qu’on m’avait dit. Il a poursuivi ben d’ses amis l’soir. Alors l’autre
pour s’en débarrasser a pris son couteau, s’voyant attaqué par lui, a pris son
couteau, pis il lui en donne un coup, pis immédiatement il a trouvé un homme
devant lui, près d’lui, et puis il y a dit de pas n’en parler : « Je
suis la victime du couteau » il a dit. Il l’avait délivré loup-garou, et y’a
faite promesse de pas en parler jamais.
Ces deux homme-là sont v’nus
quelques temps après, et puis la discussion s’est animée, surtout au sortir d’la
grand’messe, à l’issue la grand’messe. Au portique de l’église de la
Pointe-aux-Trembles, et puis un moment donné dans le plus fort de la mêlée,
celui qui avait délivré notre homme, il lui arrache son collet, pis y lui
montre une cicatrice au cou et dit… en disant aux gens :
« - Voyez l’polisson là,
c’est moé qui l’a délivré du loup-garou, voyez encore la marque qu’il a, à son
cou. »
Et de fait les gens avaient
constaté une cicatrice et l’curé a vu le rassemblement. Alors il les a tous
chassés tout d’suite. »
Le témoigne date de 1956 mais la date des événement n'est pas précise. Voici le parvis de l'ancienne église avant lsa dispartion lors d'un incendie en 1937
Parvis le nouvelle église construite après l'incendie, et toujours présente aujourd'hui.
Dans ce témoignage, les
grandes lignes des caractéristiques du loup-garou tel que décrit dans le
folklore québécois sont bien relevées. Contrairement ou loup-garou anglo-saxon
bien présent dans la culture populaire, il n’est pas question de pleine lune,
de morsure ou même de loup! Au Québec, il faut avoir passé sept ans sans avoir fait
ses Pâques (c’est-à-dire se confesser de ses péchés, communié et respecté les
règles du Carêmes) pour être frappé par la malédiction. Un peu à l’instar de
Lycaon qui dans la mythologie grecque fut changé en loup par Zeus après s’être
attiré sa colère en lui offrant de la chair humaine comme repas, un homme qui
ne respecte pas les règles divines et s’en éloigne se voit perdre son statut d’humain
et est condamné à errer en tant que l'animal qu'il est réellement. Cette condamnation n’est cependant
pas permanente. Il peut en être délivré par une simple effusion de sang,
généralement à la tête; une entaille en croix sur le front semble être le
meilleur endroit pour le salut de la bête. Par le sang il rachète ses péchés et
peut reprendre le droit chemin, généralement la leçon bien apprise et la queue
entre les jambes.
La forme animale dont le
maudit est associé peut être un loup, mais au Québec elle se retrouve bien plus
souvent à être un gros chien à la fourrure noire épaisse et avec de grands yeux
brillants. Certains récits et témoignages font également mention de
transformations en cheval, bœuf, chat et cochon. Est-ce que la personnalité du
maudit ou ses péchés particuliers ont une influence sur la créature choisie?
Difficile à dire. Parfois, l’appellation « loup-garou » regroupe
également des êtres sous formes de boules de feu ou de vapeurs, indiquant qu’il
est à considérer comme terme porte-manteau pour une grande variété d’apparitions,
tout comme « esprit » et « démon » sont utilisés pour décrire
toute une gamme de créatures légendaires.
Il faudrait donc peut-être
trouver un nom plus précis pour cette créature de notre folklore. Elle semble
plus proche de la Ganipote de France (aussi appelée Galipote).
Hantant les campagnes le soir, la ganipote peut se changer en une variété d’animal
et est condamnée à faire le tour de sept clochers de paroisses différentes afin
de reprendre sa forme humaine, et ce pendant sept ans. Pour éviter de faire
tout le trajet elle-même, elle saute souvent sur le dos de passants et y met
tout son poids jusqu’à ce qu’elle atteigne sa destination. C’est ce qu’on
appelle « courir la galipotte », expression bien présente au Québec signifiant
vagabonder et être volage, qui a perduré plus que son équivalent « courir
le loup-garou ».
On retrouve également une
évolution de la même créature chez le rougarou de Louisiane. Les loups y étant rare, la créature prend diverses apparences,
soit un chien ou bien même un alligator. Les légendes à son sujet font d’elle
une créature plus agressive à l’appétit vorace, qui dans certains versions s’attaque
particulièrement à ceux qui ne respectent pas le Carême! D’autres variantes
intéressantes à mentionner ici seraient les nahuals et skin-walkers, issus du folklore
des communautés autochtones du Mexique et du sud des États-Unis. Ces êtres sont
généralement des sorciers qui grâce aux esprits développent la capacité de se
changer en animaux. Les formes sont multiples mais une semble revenir plus
souvent que les autres… le coyote. C’est à se demander si le loup-garou de
jadis ne s’est pas adapté avec le temps. Peut-être certains pourraient y voir
une corrélation entre une hausse de l’immigration sud-américaine dans le
quartier de Pointe-aux-Trembles et la multiplication des apparitions de coyotes insaisissables…
Les Olympiques battent leur
pleine en Corée du Sud mais si les prouesses humaines ne sont pas trop votre truc,
vous pouvez vous rendre non loin de là à Shanghai, en Chine, pour les Jeux
Olympiques des animaux, tenus annuellement depuis 2002 au Shanghai Wild AnimalPark.
Le spectacle se rapproche plus
du cirque que du sport, mais il rassemble des centaines de représentants de
plus de 30 espèces provenant de partout sur la planète. Vous y retrouver la
course de vélo pour ours, le soccer pour éléphants, la boxe pour kangourous
ainsi que la course entre lévriers et guépards.
Si vous aimez les animaux, vous allez adorer. Si vous aimez vraiment les animaux, vous allez détester.