«J’ai vécu plusieurs choses anormales ici. Des visiteurs se sont fait grafigner par le curé. On entend le bruit de billes qui roulent sur le sol, des voix et des craquements. On est témoin de portes et de fenêtres qui ouvrent et ferment subitement. On voit des boules de lumière, aussi…Ma meilleure preuve à date, c'est survenu en 2010, en plein jour, devant quatre témoins. Sans [qu'on le touche], un tiroir de cuisine rempli a été éjecté de l'armoire où il se trouvait avant de se retrouver sur le sol avec la poignée cassée »
| L'extérieur du Vieux Palais de l'Assomption |
Le Vieux Palais a donc depuis reçu
de nombreuses visites de la part des médias ainsi que des enquêteurs amateurs mais
aussi d’expérience, tel que démontré ci-dessous :
J’ai donc récemment eu la chance de participer à l’une de ces soirées où il fut tenté une fois de plus d’entrer en contact avec les entités hantant les lieux. Assis dans la salle de spectacle avec une dizaine d’autres invités, j’ai d’abord eu droit à un bref historique de l’endroit, racontée par un employé du Vieux Palais qui enquête également sur le paranormal depuis plusieurs années et est passionné de l’histoire du lieu. Construit entre 1811 et 1830, l’édifice a d’abord été le site de résidences privées, d’un bureau de médecin, puis prend sa fonction de bureau d’enregistrement du compté et de cour de justice de 1842 jusqu’en 1959 (pour la cour de justice) et 1979 (fermeture du bureau d’enregistrement). À l’abandon pendant quelques années, il est ensuite racheté en 1986 et transformé en gîte comprenant sept chambres et salle de spectacle. L’ancienne salle d’audience est également préservée. Pour ce qui est de l’origine possible des fantômes les choix sont nombreux : un ancien cimetière se trouve sur le site adjacent, de nombreux enfants sont morts dans la demeure au 18e siècle, le cabinet du médecin Jean-Baptiste Lebourdais aurait possiblement été le théâtre d’expérimentations louches puis la découverte d’ossements à proximité et leur déplacement aurait peut-être également troublé le repos des anciens résidents.
| Salle d'audience |
| Le sous-sol |
Pourtant, ce que j’ai omis de dire est qu’au tout début de la soirée, alors que nous nous installions dans la salle, ce même enquêteur semblait tenter de traduire le message sorti d’un des détecteurs de mouvements. Une voix d’enfant, en anglais, prononçait quelques bribes de mots puis arrêtait, avant de reprendre un peu plus longtemps à chaque fois. Le tout était très lugubre et mettait certainement dans l’ambiance de la soirée. L’enquêteur semblait chercher avec ses collègues la signification de ce message, qui me semblait de plus en plus familier. Lorsque j’ai réalisé qu’il s’agissait de la comptine tirée de Nightmare on Elm Street, mon détecteur de bullshit s’est vite illuminé.
Je ne veux pas mettre tous les
enquêteurs dans le même panier. Je ne doute pas de la passion, de la curiosité
et de la sincérité de la plupart. Passant moi-même mon temps à fouiller le
monde de l’étrange, je serais mal placé pour parler. Certaines de visiteuses
ont même ressenti une présence et vu une apparition sous forme de silhouette
blanche se manifester alors qu’elles étaient seules dans le placard de la chambre
particulièrement hantée. L’apparition ne s’est malheureusement pas répétée pour
une autre participante particulièrement sceptique, ni pour moi qui espérait tant.
Est-ce une coïncidence si les deux seules ayant vu l’apparition sont également celles
qui avaient amené leur propre équipement à la soirée? Souhaitaient-elles
tellement voir une apparition qu’elles l’ont elle-même manifestée ou bien
étaient-elles simplement plus réceptives et ouvertes à l’au-delà que le reste
du groupe?
Ma partie préférée de la soirée fut à la toute fin. De retour dans la salle de spectacle, les équipements technos furent mis de côté et à tour de rôle, plusieurs des invités se mirent à partager leurs propres expériences paranormales, à raconter divers moments où la présence de l’au-delà s’est fait ressentir dans leur quotidien. Ces expériences n’ont peut-être pas été enregistrées, mais elles ont pourtant clairement laissé une trace chez les ceux et celles les ayant vécus.











